Ma fugue chez moi

Ma fugue chez moi, de Coline Pierré. Editions Le Rouergue
Ma fugue chez moi, de Coline Pierré. Editions Le Rouergue

 

 

Fuguer au grenier : Quel ado un peu trop prévoyant n’aurait pas souhaité avoir cette idée ?

 

 

Quand votre meilleure amie d’enfance vous a déclaré la guerre en mettant des boules puantes dans votre sac de cours, que vos parents, trop distants, ne savent vous rassurer et vous épauler, que vous apprenez que votre mère, climatologue en mission en Norvège, ne reviendra pas cette année pour Noël, tout comme l’an passé, …

 

Fuguer, oui, mais dans le grenier !

 

 

C’est ce que fait Anouk, 14 ans, après avoir écumé tous les hôtels et auberges de jeunesse d’un Strasbourg saturé par le marché de Noël. En proie à un sentiment d’abandon et d’incompréhension, trop raisonnable pour envisager un véritable voyage, Anouk trouve dans le grenier un refuge pour fuir, quelques jours, une réalité qu’elle ne peut plus supporter.

 

 

Il reste toutefois une chose qu’Anouk n’avait pas prévue : elle découvre rapidement que les conduits d’aération lui permettent d’entendre, depuis le grenier, tout ce qui se dit dans la maison. Ce qui signifie qu’elle va devoir faire face à cette réalité que ceux qui fuguent souhaitent justement fuir : la réaction de ses proches, suite à son départ. Elle est le témoin impuissant de l’inquiétude de son père, de la tristesse de sa petite sœur. Impuissant, car elle se sent incapable de sortir du grenier.

 

 

Petit à petit, la vie au grenier s’organise, avec son lot d’imprévus (comment faire les courses depuis le grenier quand on n’a plus de provisions ?), de méditations, de chagrin, de découvertes (comme chacun sait, les greniers renferment toujours les secrets du passé…). En marge de sa vie habituelle, Anouk prend peu à peu ses repères. Une fugue à l’intérieur de soi, pour mieux se retrouver.

 

 

Pendant ce temps, les recherches pour trouver la fugueuse s’intensifient. Même l’ancienne meilleure amie d’Anouk y participe : culpabilité ou véritable preuve d’amitié ?

 

 

Tout sonne incroyablement juste dans les mots de Coline Pierré, à tel point que j’y ai retrouvé l’adolescente que j’étais (l'auteur s'est d'ailleurs inspirée de sa propre adolescence, elle en parle brièvement sur son blog).Et cet étonnement que l’on a toujours, lorsque l’on constate que nos proches, même lorsqu’ils nous semblent distants, nous aiment et nous connaissent bien mieux qu’on ne l’aurait cru.

 

 

Ce qui m’a beaucoup émue également, c’est la force de la relation entre Anouk et sa petite sœur de 12 ans, Bena. Anouk se décrit comme aussi fragile que sa petite sœur lui semble forte, celle-ci constitue pour elle un appui solide. Leur relation complice leur sert de rempart face aux absences répétées de leur mère, à cette impression de ne pas connaître leur génitrice. C’est d’ailleurs cette relation forte qui aidera Anouk à faire de nouveau face à la réalité.

 

 

Je n’en dirai pas plus, mais je vous encourage vraiment à lire ce livre, vite lu mais intense, qui aborde des thèmes assez graves tout en parvenant à faire rire et sourire le lecteur, plusieurs fois. On le referme avec une agréable sensation de paix.

 

Vous retrouverez peut-être votre ado en train de lire au grenier …

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